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Suivi justice thérapeutique

publié le 29/07/2021
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A la Maison de la Justice et du Droit (MJD), le suivi justice thérapeutique, nouvel espoir contre la récidive

Créée en 1998 et présente dans une douzaine de départements, l’Association d’Enquête et de Médiation (AEM), a trouvé dans le Bassin creillois un soutien à la hauteur de sa tâche.

L’ACSO a mis gratuitement des locaux à la MJD, rue Voltaire, en lien avec le Tribunal Judiciaire de Senlis à la disposition de cette structure socio-judiciaire dont les intervenants s’impliquent dans les mesures pénales, la prévention de la délinquance, les solutions alternatives ou encore la résolution amiable des conflits.

Mais depuis deux ans, le territoire creillois est l’objet d’une expérimentation baptisée « Suivi Justice Thérapeutique » (SJT). Eprouvé avec succès au Canada, ce protocole offre aux personnes ayant causé un délit lié à une addiction de s’en débarrasser en acceptant un accompagnement individualisé renforcé pendant 8 mois.
Procureur de la République à Senlis, Jean-Baptiste Bladier avait testé cette pratique à Soissons et l’a importée dans l’Oise. « La peine n’efface pas la délinquance ni la récidive.
Aujourd’hui, il faut voir l’être à travers 3 dimensions : médicale, psychologique et sociale », résume Marianne Euvrard, chargée de mission de l’AEM à la MJD.
Depuis début 2019, elle s’est occupée d’une centaine de personnes pour des addictions à l’alcool, au cannabis et aux drogues dures.
Et les résultats sont positifs. « La récidive est plus lente, note-t-elle. Nous travaillons ensemble, et la personne est responsabilisée. Elle peut m’appeler à tout moment et l’on se voit au moins chaque semaine. » Un médecin addictologue et divers partenaires complètent son action. « Ainsi qu’un magistrat référent » ajoute-t-elle, « car la personne ne doit pas oublier que le SJT fait suite à un délit. »

« Ce dispositif devrait exister depuis longtemps » Laurent, 48 ans, suivi depuis 1 mois

« Et côté consommation ? », demande Marianne Euvrard. « Toujours rien, nickel ! », triomphe Laurent. Le début d’une nouvelle vie ? A 48 ans, il a une nouvelle fois décidé de combattre ses démons avec de nouvelles armes. En un mois, il a déjà rencontré son interlocutrice 6 fois ! « Elle m’a mis un coup de pied au c… » Illustre-t-il.
« J’ai été incarcéré deux ans au total à cause des mélanges boisson-voiture. Et croyez-moi, en prison c’est facile d’avoir de l’alcool. Après, chez soi, il suffit de problèmes d’emploi ou sentimentaux, et on replonge vite. Sans oublier l’impact financier de 20 € de whisky par jour... »

Le 22 mars dernier, Laurent est présenté en comparution immédiate devant le tribunal de Senlis. L’audience de la dernière chance avec la proposition de ce SJT pour briser son addiction. Et avec Marianne, Laurent a trouvé pour son bien une oreille attentive doublée d’un stimulant intransigeant. « Elle a commencé par m’aider à résoudre mes soucis professionnels » apprécie-t-il. « Puis, avec les prises de sang, on fait le point régulièrement. Je mange plus et je compense par du café. Ce dispositif devrait exister depuis longtemps, je n’aurai pas vendu tous mes biens pour boire… » Dans 7 mois, Marianne, optimiste pour son protégé, devra présenter au tribunal le bilan de son accompagnement.

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